Ecole d'été pour jeunes chercheurs 2020
29 juin-4 juil. 2020 Péronne (France)

École d'été – Alimenter la guerre : produire, transporter, consommer (1914-1920)

Le Centre international de recherche de l’Historial de la Grande Guerre (CIRHGG, Péronne) en partenariat avec l’Institut Historique Allemand de Paris, la Technische Universität Berlin, l’Université Clermont-Auvergne - Centre d’Histoire « Espaces et cultures » et l’Université de Picardie Jules Verne – Amiens, Centre d’Histoire de sociétés, des sciences et des conflits, sollicite des candidatures pour sa quatrième université d’été de jeunes chercheurs (master et doctorat) travaillant sur la Première Guerre mondiale.

Nous réunirons du 29 juin au 4 juillet 2020 un groupe international de 20 à 30 jeunes chercheurs, travaillant sur l’histoire militaire, culturelle, sociale et économique de la guerre. Au cours de la semaine passée ensemble, ils auront l’occasion d’échanger entre eux, mais également avec un grand nombre de chercheurs de renommée internationale. Des visites guidées et des excursions en région parisienne, en Argonne et dans les Hauts-de-France (Somme) font partie intégrante du programme et enrichissent l’expérience des participants.

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1 : Usine Citroën, Paris, Tourneuse d’obus, 1915 ; La Contemporaine, VAL 364/049

À la suite des éditions 2014, 2016 et 2018 de notre école d'été qui ont respectivement porté sur les initiations dans les expériences contemporaines de la guerre (http://1418.hypotheses.org/547), sur « l'anatomie » de la bataille et du champ de bataille (http://1418.hypotheses.org/1059) et sur l’histoire environnementale de la Grande Guerre (https://1418.hypotheses.org/1498), l’édition 2020 portera sur les questions relatives à l’ « alimentation » de la Grande Guerre.

Dévoreuse de vies humaines, la Grande Guerre fut également à l’origine d’une énorme consommation de matières premières, de marchandises agro-alimentaires, de produits finis, destinés ou non aux combats. Fort de ce constat, l’intention de l’école d’été 2020 est de questionner les logiques, mécanismes et dynamiques qui permettent d’alimenter la guerre, c’est-à-dire tenter d’appréhender les ressorts et modalités du fonctionnement des armées en guerre à travers les produits consommés, les populations impliquées, les structures investies et les conséquences qui en découlent entre 1914 et 1920. À cet égard, trois grands axes se dégagent.
Le premier, « produire », recouvre toutes les formes de structures et infrastructures mises au service des nations en temps de guerre. Depuis les champs, en passant par les usines, mais également les mines, les bureaux d’étude, les écoles techniques ou les institutions (tels les syndicats ou les comités), il s’agira de mettre en lumière comment des filières entières sont remodelées par l’effort de guerre et de comprendre dans quelle mesure la guerre a des impacts majeurs – à court et moyen termes – sur l’ensemble des secteurs productifs des pays belligérants.
Le second, « transporter », renvoie à la mise sous tutelle quasi totale des moyens de communication entre 1914 et 1918 par les États en guerre. On pense bien évidemment aux chemins de fer, dont la réquisition par les états-majors permet à des millions de soldats d’affluer régulièrement vers les différentes zones des fronts. Mais les autres voies et moyens de locomotion sont également exploités, impliquant réseaux, matériels, employés et animaux, depuis les réseaux routiers jusqu’aux ondes radiophoniques. Là aussi, les conséquences sont majeures et à explorer. Cet axe permettra d’aborder la manière dont s’articulent les différentes échelles du conflit, de l’acheminement des produits depuis l’intérieur jusqu’aux premières lignes de tranchées en passant par les routes maritimes pour les produits importés ou coloniaux, enjeu stratégique global majeur.
Dans cette perspective également, le dernier grand sujet, « consommer », permet de mesurer les degrés d’efficacité des sociétés en guerre et leur capacité, ou non, à répondre aux besoins primaires de leurs compatriotes et de leurs armées, touchant notamment la nourriture mais aussi une gamme de marchandises très variée, de consommation habituelle dans la vie civile ou, au contraire, spécifique au temps de guerre. Ainsi se pose la question, après leur circulation, du débouché des marchandises – dans toute leur diversité – produites et transportées sur de très longues distances ou parfois jusque quelques kilomètres. Mais se pose également la question des modes de consommation, selon des modalités qui diffèrent en fonction des périodes, des lieux, des cultures, des circonstances.

Au croisement de ces trois grands axes, plusieurs enjeux émergent et seront à sonder. Tout d’abord, les conditions de guerre et les nécessités d’alimenter la guerre montrent les aptitudes des sociétés à s’adapter à la guerre totale : redécouverte de techniques ou de produits, réouverture de structures ou de réseaux, réponse à une demande urgente, dans un climat de tensions multiples. De fait, ici prend tout son sens le concept d’agentivité, applicable aux individus, aux structures, aux États.

Ensuite, alimenter la guerre revient à interroger l’immersion de l’ordinaire dans l’exceptionnel et l’intrication de l’extraordinaire dans le quotidien. C’est le cas pour les soldats et les civils bien évidemment, mais aussi pour les institutions ou les sociétés, avec des répercussions sur les pratiques, mais également les représentations dans un contexte d’antagonisme entre le discours et la réalité (patriotisme-lassitude, sacrifice-individualisme ou pénurie-gaspillage par exemple). Enfin, déjà bien connue depuis quelques années, la thématique de la perméabilité entre les fronts et les arrières est ici centrale. Elle apparaît comme le moteur des liens qui structurent les nations en guerre, tant les flux entre les deux espaces sont nombreux, variés et fondamentaux. Appréhendée de manière globale et transversale, elle permet de saisir l’ensemble des facteurs qui façonnent les contours du conflit et de ses conséquences en matière de production, de transports ou de consommation entre 1914 et 1920.

Programme

Les participants bénéficieront de visites guidées des champs de bataille et des sites mémoriaux en région parisienne, en Argonne et dans les Hauts-de-France (Somme), avec des spécialistes et des experts des problématiques propres à l’approvisionnement en temps de guerre. Les lieux choisis permettront notamment la comparaison entre différents belligérants et permettront d’appréhender ces territoires comme espaces mondialisés par le conflit.

Des conférences et des débats avec des historiens de la Première Guerre mondiale, spécialisés dans les domaines des pratiques, techniques et logiques d’histoire économique, sociale et commerciale complèteront des séances de travail en atelier animées par les membres du comité organisateur (Franziska Heimburger, Emmanuelle Cronier, Stéphane Le Bras) ou des intervenants spécialisés, notamment étrangers. Les étudiants retenus auront également l’occasion de présenter leurs propres travaux en les replaçant dans la perspective choisie par l’école d’été.

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Figure 2: Affiche, United States Food Administration, Jeff Townsend, 1918 ; University of North Texas Digital Library

Conditions

Les étudiants en master 2 et les doctorants peuvent postuler à l'école d'été. Les thématiques de recherche en lien direct avec la thématique de l'école ou montrant en quoi ces recherches peuvent s'y raccrocher seront privilégiées mais tous les masterants ou doctorants travaillant sur la Grande Guerre et ses conséquences dans tous leurs aspects peuvent postuler.
En cas de sélection, les candidats s’engagent à être présent l’ensemble de la semaine que dure l’école d’été, du 29 juin au 4 juillet.
Les langues de travail de l’université d’été seront le français et l’anglais. Afin de participer pleinement au programme et en particulier aux visites guidées, une connaissance au moins passive du français est toutefois exigée.
Les candidates et candidats doivent être conscients que certaines excursions sur le terrain, notamment en forêt, ont parfois lieu en dehors des chemins balisés et en terrain accidenté. A cet effet, il faudra prévoir un équipement adéquat (vêtements, chaussures, sac à dos).
Afin de nous permettre d’échanger efficacement, nous enverrons un dossier préparatoire à lire avant de venir avec des extraits d’archives et des articles scientifiques aux participants une fois la sélection effectuée.

Nous couvrirons l’hébergement (en chambre individuelle ou de deux personnes ; sanitaires partagés), le transport pendant la semaine de l’école d’été, les droits d’entrée éventuels pour les différents sites et la plupart des repas. Nous encourageons vivement les candidats à tenter de s'assurer d'un financement partiel ou total de ces frais de transport auprès de leur université d'origine et de nous apporter toutes les précisions nécessaires à ce sujet. Nous espérons également, sans aucune certitude toutefois, pouvoir participer aux frais d’acheminement des participants vers/depuis Paris, en particulier pour ceux dont les institutions d’origine ne subventionnent pas ce type de dépenses
Le dossier de candidature (en français ou anglais) comporte un résumé du projet de recherche en une page et un CV académique d’une page.

Il doit être déposé en ligne avant minuit le 12 janvier 2020


Procédure:
1- Créer un compte Sciencesconf en choisissant à gauche dans le menu « Mon inscription »
2- Remplir le formulaire, puis cliquer “Créer un compte” et ensuite activer le compte en cliquant sur le lien dans le mail de confirmation.
3- Une fois que vous êtes connecté avec votre compte, cliquer sur « Dépôts » dans le menu à gauche et ensuite sur “Déposer la communication”.
4- Remplir le formulaire des métadonnées. Dans le champ “Résumé”, dites-nous en quelques paragraphes en quoi vous pensez que cette université d’été vous serait bénéfique et en quoi vous pensez pouvoir y contribuer. Quand vous êtes sur la page du dépôt de communication, veuillez soumettre votre résumé de projet de recherche en tant que “communication” et votre CV en tant que ”données supplémentaires” (en veillant à bien cliquer sur "transférer" pour chaque fichier).


Les résultats de la procédure de candidatures vous parviendront pour la fin janvier 2020.


Nicolas Beaupré (Université Clermont-Auvergne – Centre d’Histoire « Espaces et cultures »)

Emmanuelle Cronier (Université de Picardie Jules-Vernes – Centre d’histoire des sociétés, des sciences et des conflits)

Caroline Fontaine (Centre International de Recherche de l'Historial de la Grande Guerre, Péronne)

Franziska Heimburger (Sorbonne-Université – EA Histoire et Dynamique des Espaces Anglophones)

Stéphane Le Bras (Université Clermont-Auvergne – Centre d’Histoire « Espaces et cultures »)

Elisa Marcobelli (Université de Picardie Jules-Vernes – Centre d’histoire des sociétés, des sciences et des conflits)

Contact : ecole-ete@cirhgg.org

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